samedi 17 décembre 2016

De 2016 à 2017



Les années passent et le futur est toujours à venir. A un moment ou un autre les trajectoires devront forcément diverger. C’est en tout cas ce que semble penser le Docteur Spencer dans ce dessin de Raoul Giordan. (1)

Avant de communiquer ma liste de lecture, et plutôt que d’évoquer les tristesses de l’année 2016, je voudrais célébrer une figure qui continue d’éclairer l’avenir, celle d’Albert Einstein. La confirmation de l’existence des ondes gravitationnelles un siècle après leur prédiction constitue un nouvel exploit. Mais il y a plus. J’avais terminé la biographie du père de la relativité générale rédigée par François de Closets (2) sur un sentiment mitigé. Après avoir buté sur certaines particularités de l’édifice quantique, le célèbre savant reprenait, selon le rédacteur, l’initiative en tentant d’élaborer une théorie du champ unifié. L’’astrophysicien Jean-Pierre Luminet (3) est beaucoup plus explicite sur l’actualité des travaux d’Einstein. :

« […] Pourtant, malgré son élégance universellement reconnue, jusqu’à récemment la relativité générale n’avait été utilisée que par une partie plutôt restreinte de la communauté scientifique (beaucoup plus restreinte, par exemple, que celle utilisant la mécanique quantique), communauté essentiellement réduite aux théoriciens relativistes, aux cosmologistes et à une fraction d’astrophysiciens. Ceci n’est pas surprenant : après tout, les effets de la relativité générale semblaient réduits à la description d’espace-temps fortement courbés : étude des astres compacts, cosmologie du big-bang, ondes gravitationnelles ; ils sont en revanche tout à fait négligeables aux échelles mises en jeu dans la physique de la matière condensée ou la physique nucléaire. Il semblait donc a priori très audacieux d’imaginer que la gravitation puisse jouer un rôle dans le monde quantique.
Or, au cours des vingt dernières années, la relativité générale a fini par percoler la quasi-totalité de ces champs. Aujourd’hui, des spécialistes de la matière condensée, de la physique nucléaire, de la turbulence des fluides ou de l’information quantique s’intéressent activement à la relativité générale, non point par simple curiosité intellectuelle (auquel cas ils s’y seraient intéressés bien avant !), mais comme un outil crucial pour leurs recherches.[…] »

                                                                       *

Tout naturellement, la science, ses attentes, ses craintes, reste au cœur de mes lectures favorites. Je sélectionnerai d’abord trois romans, Limbo en Livre de Poche, Le problème à trois corps de Liu Cixin chez Actes Sud, et enfin Les Affinités de Robert Charles Wilson en Lunes d’encre. Les deux premiers mettent en scène des individus résolus à la dernière extrémité pour juguler la violence et la cruauté humaines. Le troisième traite de la solitude au travers de l’émergence des réseaux sociaux et du communautarisme dans un proche avenir. La fluidité de l’écriture de ce descendant de Simak et de Sturgeon impressionne.

La sélection est ensuite plus difficile en regard de l’abondance des produits. On piochera sans mauvaises surprises chez Lunes d’Encre, en premier lieu le recueil de nouvelles Infinités de Vandana Singh, mais aussi Vostok, roman d’aventures glaciaires de Laurent Kloetzer , le dernier Priest, ou le space opera gréco-latin de Romain Lucazeau, Latium. En Bélial aussi vous plongerez les yeux fermés dans la nouvelle collection « Une heure lumière » éditrice de novella souvent primées. Par contre Mnémos et ses reprises intriguent : on trouve de la belle ouvrage, avec l’Ile des Morts de Zelazny, de l’incongru avec Le prisonnier de Thomas Disch et un désert éditorial avec la réédition d’Ortog du regretté André Ruellan.. Interview a minima, et ne cherchez pas l’année de parution initiale. Ce beau texte aux allures de Flash Gordon méritait mieux. La trilogie de Jéhovah de James Morrow Au diable Vauvert tout comme la version restaurée de La guerre éternelle de Joe Haldeman en J'ai Lu restent incontournables. Enfin vous pelletterez sans réserve dans les classiques de la SF chez FolioSF (La trilogie Spin - à 15 euros une affaire -, Argentine, Les monades urbaines, Je suis une légende …) et reprendrez bien un peu de Perutz chez Zulma.

                                                                       *

Rayon beau livre, Suzhou l’âge d’or d’une cité chinoise éblouit. Célébration d’une ville florissante au XVIII e siècle, le coffret au fermoir délicat comporte deux cahiers dont l’un est une fantastique reproduction intégrale à l’échelle 10/12, d’un rouleau de soie long de 12m peint en 1759 par l'artiste Xu Yang. Vous soupirez aussi devant Gotland illustré par Nicolas Fructus et promènerez votre smartphone équipé d’un QR code sur l’ouvrage d’Antoine Escales en Polynésie.

De quoi 2017 sera-t-il fait ? De bonnes surprises éditoriales j’espère, comme La reine jaune d' Anders Fager, chez Mirobole. Pour le reste, à l’ inverse d’une vieille chanson des Who, I can’t see for miles.














(1) Un des trois personnages de la BD Météor
(2) Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire - Poche, lire aussi Le pays qu’habitait Albert Einstein par Etienne Klein chez Actes Sud

2 commentaires:

Olivier a dit…

Salut,

Tu as quelques scientifiques qui reprennent la relativité générale plutôt que l'infiniment petit, ce qui a donné la gravitation quantique à boucles :
https://www.youtube.com/watch?v=3MJJvXGuDag

Olivier.

Soleilvert a dit…

Je ne connaissais pas.
Bonnes fêtes de fin d'année à toi.
JL