mardi 7 avril 2015

Superman Red Son



Mark Millar - Dave Johnson - Kilian Plunket - Superman Red Son - Urban comics




1938 : un OVNI s’écrase dans un kolkhoze ukrainien au sein de l’URSS de Joseph Staline. Un couple de fermier en extrait un enfant. Les années passant, les exploits de l’alien devenu Superman dépassent les frontières. Il devient le fer de lance des Républiques Soviétiques et un prétendant à la succession du petit Père des peuples. Tout ceci est évidemment vu d’un très mauvais œil par Ike Eisenhower, président d’une super puissance désormais surclassée, en bute à des difficultés économiques, alors que le monde devient progressivement communiste. Il demande à Lex Luthor d’éliminer Superman.

En marge des récits habituels du plus iconique des super héros, Mark Millar scénariste de talent chez DC et  Marvel Comics, auteur de Kick-Ass, signe ici une uchronie. On se souvient qu’Alan Moore avait brillamment illustré le genre avec Les Watchmen, peinture d’une Amérique au bord du conflit nucléaire qui avait mis ses héros au rebut. Le tableau est moins dramatique ici. Superman reste un personnage moral refusant dans un premier temps le pouvoir et à plus forte raison la guerre, avant d’incarner à son corps défendant une dictature. Comme à son habitude il parcourt le pays au gré des catastrophes. Mais les opposants sont réduits au silence. Il faut l’intervention d’un Lex Luthor, époux de Lois Lane, et de l’I.A Brainac pour secouer l’ordre des choses.

Le travail soigneux des dessinateurs - 176 pages ! - n’atteint  pas les sommets d’un Greg Capullo chez Batman, mais Johnson et Plunket  présentent un ensemble cohérent,.complété par un carnet de croquis enchâssé dans l’écrin de luxe des productions Urban Comics. L'alternance des scènes d'action et des graphismes hiératiques soviétiques se révèle tout à fait jouissive. Superman Red Son est un brillant exercice de style. Un peu comme Les Watchmen, il s’attaque au modèle américain et s’interroge sur l’exercice du pouvoir, Who watches Superman ? Même s’il n’atteint pas la profondeur et la noirceur de l’oeuvre d’Alan Moore,  le récit provocateur de Mark Millar a le mérite de bouger le monolithe créé par Jerry Siegel et Joe Shuster.

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